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mardi 1 décembre 2015

Louis XIV tel qu'ils l'ont vu d'Alexandre Maral.

Salut les poussins,

Aujourd'hui:

Louis XIV tel qu'ils l'ont vu d'Alexandre Maral.


Il y a quelques temps je vous présentais un autre livre du genre sur Marie-Antoinette. Cette fois, on s'attaque au grand Louis XIV et à sa vie plus que fascinante! Le principe est donc toujours le même: on découvre le roi pendant les grandes périodes de sa vie à travers le regard de personnages qui l'ont côtoyé: valet, médecin, courtisans.. Il s'agit d'extraits de mémoires ou de lettres, ça donne une lecture un peu ardue mais fascinante par la réalité totale qu'elle dépeint. Pas d'invention ou d'exagération (enfin presque, tout dépend de qui parle évidement) comme dans les fictions historiques, des moments plus intimes sont évoqués et c'est sans doute ce qui est le plus intéressant, de voir qui il était réellement derrière cette façade brillante: sa vie de tous les jours pendant son enfance, le courage dont il fait preuve lors de ses nombreux problèmes de santé, sa politique de ramener tous les courtisans autour de lui afin de les surveiller, sa reprise en main de l'Etat.. 

Bien évidemment, que serait un ouvrage sur Louis XIV sans qu'on y parle de ses nombreux amours! Dès son adolescence, le souverain est un amateur de femmes (et de leur esprit, puisque ses conquêtes ne sont pas toujours les plus jolies) et c'était un véritable plaisir que de voir ce que les autres en pensaient.. surtout quand les narrateurs sont féminins! Elles font parfois les mauvaises langues et c'est sans doute le côté qui m'a le plus fait sourire.

Le livre en lui-même est aussi très beau, couverture reliée et marque-page ruban, il est même magnifique. À offrir à tous les amateurs d'Histoire! (Et puis avec la série Versailles sortie il y a peu, ça aura peut-être piqué la curiosité de certains.)

Merci aux Editions Omnibus,

Des bisous!

jeudi 12 novembre 2015

La Poursuite du bonheur de Douglas Kennedy (lu dans un magnifique recueil des Editions Omnibus).

Salut les lapins,

Aujourd'hui:

La Poursuite du bonheur de Douglas Kennedy.

Un jour d'enterrement bien triste. Une vielle dame, dans le cortège, qu'elle n'a jamais vu. Kate Malone l'ignore encore mais, alors que son passé entre en terre, un autre, inconnu, s'apprête à éclater au grand jour...
Cette histoire occulte commence à Greenwich Village, au lendemain de la guerre. Tout ce que la jeunesse de Manhattan compte d'artistes excentriques et prometteurs tente d'oublier trois ans d'horreur dans l'appartement enfumé du dramaturge Eric Smythe.
Un premier Thanksgiving sous le signe de la paix. Dans le joyeux désordre de ce soir de fête, Jack Malone liera à jamais son destin à celui de Sara. Malgré l'ombre grandissante de la chasse aux sorcières, malgré la mort, malgré l'Amérique, ces deux-là se battront, jusqu'au bout, pour leur droit au bonheur...
New-York, 1945. Sara fait la rencontre de Jack à une fête dans l'appartement de son frère. Entre eux, c'est le coup de foudre, le vrai, celui qui vous rend certain que vous allez passer le reste de votre vie avec l'autre. Malheureusement, le lendemain, Jack doit partir en Europe avec l'armée et ce pour une durée de neuf mois, une séparation qui n'effraye pas vraiment les deux amoureux qui jurent de se retrouver.. Une promesse que ne tiendra pas Jack. Sara tente alors tant bien que mal de continuer à vivre mais l'ombre de Jack ne la quittera jamais vraiment..


Je n'aimais pas Douglas Kennedy. En fait, ma première rencontre avec lui s'est faite à travers La femme du Vème. Détestant les éléments surnaturels dans une histoire normale, je n'avais pas du tout accroché à cette histoire étrange. Puis, la semaine dernière, voilà qu'arrive dans ma boîte aux lettres le recueil Mes héroïnes, un recueil contenant trois romans de l'auteur: La poursuite du bonheur, Une relation dangereuse et Les charmes discrets de la vie conjugale. Par curiosité, j'ai été voir les résumés sur mes sites de référence en conseils de lecture, Livraddict et Babelio. Beaucoup parlaient de coup de cœur pour ces trois livres et les histoires en elles-mêmes me tentaient pas mal.. J'ai résisté quelques jours puis je me suis lancée dans La poursuite du bonheur.. Et j'en suis ressortie bouleversée, renversée, retournée.. Bref, c'est un total coup de cœur.

Autant vous dire tout de suite qu'il ne s'agit pas du tout d'une histoire heureuse. C'est triste et on ne peut pas vraiment dire que la vie épargne les personnages principaux, d'où ce titre qui convient tout particulièrement. Nos héros ne sont pas parfaits, en fait, je suis sûre qu'ils seront même détestables aux yeux de certains.. mais ils sont amoureux. Tellement amoureux que je ne me suis consacrée qu'à leur amour parce que c'est ça, le plus important. Jack et Sara sont souvent égoïstes, parfois lâches, parfois rancuniers.. ils sont humains, ils sont comme vous, comme moi, ils font des erreurs et souvent elles ont eu des répercussions énormes.. mais c'est la vie. Une vie exceptionnellement mouvementée et étrange, certes, mais c'est toutes cette succession d'erreurs et de coups du destin qui ont fait que je me suis tellement attachée aux personnages, que je suis tellement rentrée dans leur histoire.. et que je les ai tant aimés, tout simplement. Dans leur entièreté.

Le contexte apporte énormément aussi, le New-York d'après-guerre est passionnant, l'auteur introduit en fond la politique, les mœurs, les évolutions technologiques, l'économie, la vie culturelle.. La vie quotidienne de nos héros nous en apprend beaucoup car ils ont une vie mouvementée et que tout bouge beaucoup, à vrai dire. Leur vie est sans cesse en mouvement et c'était un vrai plaisir que de découvrir cette ville à travers leurs yeux, surtout à cette époque. Je ne suis pas particulièrement fan de la grosse pomme mais là.. c'était dépaysant et j'ai trouvé ça incroyablement bon et intéressant!

Que dire d'autre? Cela fait plusieurs jours déjà que je cherche que rajouter mais parfois, il est difficile de dire ce qui fait qu'un roman est particulier.. et celui-là l'est vraiment et pourtant ce n'est pas vraiment mon genre, à la base. J'aime la joie, les situations heureuses, les dénouements joyeux, tout ce qui manque à ce roman et malgré ça, il m'a touchée au plus profond de mon petit coeur, à un tel point que j'ai hâte de découvrir les autres oeuvres de l'auteur maintenant.

Merci aux Editions Omnibus,

Des bisous!

jeudi 16 juillet 2015

Lucrèce Borgia des Editions Omnibus.

Salut les poussins,

Aujourd'hui:

Lucrèce Borgia paru aux Éditions Omnibus.

Bâtarde d'un pape tout-puissant, elle est mariée à treize ans, démariée à dix-sept, remariée à dix-huit. Elle a vingt ans quand elle voit son mari assassiné par son frère Cesare. Déjà le bruit court qu'elle est trop aimée à la fois de son père et de ce frère meurtrier. On dit aussi qu'elle n'est pas toujours innocente des morts qui se multiplient autour d'elle, et la rumeur ne cessera d'enfler au fil des siècles. Victor Hugo ne fait rien pour restaurer sa réputation, au contraire. Sa tragédie la présente comme une reine de la nuit à la libido incontrôlable. Il faut attendre une relecture des archives au XXe siècle pour que l'on sache enfin qui fut Lucrèce Borgia, petite victime et femme trop aimée..

Ce livre se divise en deux parties d'une centaine de pages chacune: la première étant une biographie assez complète de la jeune Lucrèce, la deuxième étant en fait la pièce Lucrèce Borgia de Victor Hugo. Je me suis surtout concentrée sur la première partie, ayant déjà lu cette pièce de ce grand auteur il y a longtemps déjà mais que je n'ai pas particulièrement appréciée, à mon grand regret.

Il n'en va pas de même avec notre héroïne par contre. J'avoue que j'ai quelques fascinations pour les personnages de mauvaises réputations, que ce soit les Borgia ou Napoléon par exemple, les méchants m'intriguent et j'adore en savoir plus sur eux. C'est ce que m'a permis de faire ce livre qui, bien qu'il se concentre sur Lucrèce, nous parle bien évidemment de sa famille plus que présente au début de sa vie. On nous raconte aussi l'arrivée des Borgia - Borja en fait, des catalans - à Rome et la montée en puissance de tout ce clan, tout d'abord par l'accession à la papauté de l'oncle de Rodrigo Borgia, père de Lucrèce et futur pape lui-même.

J'ai beaucoup aimé la manière dont est traité le sujet, de manière détachée et sans a-priori, de façon relativement objective, ce qui est toujours agréable quand on parle de méchants ou en tout cas de ceux qui en ont la réputation. J'ai appris une foule d'informations sur Lucrèce alors que je pensais déjà en savoir pas mal. J'ai aimé découvrir son parcours parfois difficile, trop précoce en tout cas. La petite centaine de pages suffit amplement et permet de ne pas se lasser ou de ne pas s'ennuyer, comme c'est souvent le cas dans ces biographies un peu impersonnelles.

Un très chouette livre pour les amateurs de cette famille! Il permettra en plus aux non-initiés de découvrir la fameuse pièce de Victor Hugo qui l'apprécieront peut-être plus que moi.

Merci aux Editions Omnibus,

Des bisous!

vendredi 30 janvier 2015

Marie-Antoinette telle qu'ils l'ont vue, présenté par Evelyne Lever.

Salut les poussins,

Aujourhui:

Marie-Antoinette telle qu'ils l'ont vue présenté par Evelyne Lever.

Marie-Antoinette est une icône universelle. Dans le même temps, elle reste sans doute la femme la plus vilipendée de l'Histoire. Plus elle fait l'actualité et plus elle apparaît ambiguë... Pour savoir qui était Marie-Antoinette, le plus simple n'est-il pas de demander à ceux qui l'ont connue – adolescente à son arrivée dans le royaume de France, jeune reine à Trianon, mère triomphante puis mère blessée, femme politique controversée, et, enfin, prisonnière humiliée ?
Evelyne Lever, spécialiste incontestée du personnage, a recherché, sélectionné et agencé les témoignages pour leur faire dire ce qu'ils cachent.
Je mentirais si je vous disais avoir lu ce livre dans son entièreté. Il est composé de centaines de lettres, de rapports, de témoignages ou encore d'extraits de mémoires, j'ai tendance à lire ce genre de recueil en plusieurs fois, à le laisser traîner sur ma table de nuit et à le déguster petit à petit. J'ai tout de même lu une bonne grosse partie de ces 1200 pages (à peu près) aussi ais-je décidé qu'il était temps de venir vous parler de cet ouvrage tout simplement magnifique.

Il se découpe en plusieurs parties, chacune concernant une période de la vie de Marie-Antoinette. Dauphine, jeune reine, les Tuileries, le Temple, le procès.. et la mort. Au début de chaque chapitre, un petit résumé est proposé pour nous rappeler en quelques mots la situation dans laquelle on se trouve. D'autres commentaires nous présentent chaque personnage à chaque premier extrait écrit de sa plume. 

Ces narrateurs sont très variés. Certains sont très connus, comme Marie-Thérèse, - mère de Marie-Antoinette - ou encore Mercy-Argenteau - ambassadeur d'Autriche.  Il y également le comte Axel de Fersen, même si j'imaginais trouver des lettres plus personnelles à son propos. Enfin, de toutes celles que j'ai lues, aucune n'était vraiment.. romantique si je puis dire, sauf cet extrait venant de son journal, écrit après la mort de la reine.

Sans cesse je pensais à elle, à toutes les circonstances horribles de ses souffrances, au doute où elle aura peut-être été sur moi, sur mon attachement, mon intérêt. Cette idée me déchirait. Ensuite je sentais tout ce que je perdais de tant de façons différentes: sentiment, intérêt, existence, tout était réuni en elle et tout était perdu.

Incroyablement émouvant, non? 

De nombreux autres narrateurs sont moins connus ou n'ont fait que croiser la reine, comme l'ambassadeur du roi de Prusse, le prince de Ligne, le marquis de Bomvelles, le baron de Schonfeld, etc. 

Forcément, celle qui prend le plus de place est bien Marie-Antoinette elle-même. Tour à tour elle est intrigante, puérile, séduisante.. On découvre différentes facettes de cette enfant poussée à grandir trop vite. On la voit évoluer, subir les différentes influences des hauts personnages du moment. On la voit changer de ton, qu'il s'agisse d'un homme, d'une femme, ou surtout de sa mère. À travers ses lettres j'ai découvert une personnalité très complexe, bien plus que ce qu'on pourrait imaginer avec sa réputation frivole et égoïste. Mais je suis peu objective, j'adore Marie-Antoinette..

Le plus difficile à lire reste bien évidemment les retranscriptions de son procès mais aussi la déchéance de la famille royale enfermée dans des prisons sordides et malsaines. Grâce à certains témoignages d'employés on a une vision très claire et très crue d'un moment difficile et profondément bouleversant.

Chaque période est intéressante, à vrai dire. Je ne peux que conseiller ce livre aux amateurs de Marie-Antoinette, en plus d'être beau c'est une véritable mine d'informations sur ce personnage mythique. Une merveille. 


Des bisous!

vendredi 14 novembre 2014

Secrets historiques et grandes énigmes.

Salut les poussins,

Aujourd'hui:

Secrets historiques et grandes énigmes 


Ruines mystérieuses et momies parlantes, cadavres vagabonds et meurtriers non identifiés... les énigmes de l'Histoire sont un défi à la raison en même temps qu'un aliment du rêve. Lesquelles ont été résolues et lesquelles sont intactes : Philippe Delorme et François Billaut font le point. Amateurs de mystère et détectives débutants : voici un indispensable préalable à toute enquête.
J'ai vraiment été super contente de découvrir cette collection des Editions Omnibus. J'aime les livres qui parlent d'Histoire mais qui peuvent se lire facilement, qui peuvent même traîner sur un coin de table et être ouverts quand on a cinq minutes, le tout sans perdre le fil.  En fait, ce livre est une sorte de recueil de pleins de mini-articles écrits par des journalistes et des historiens sur des sujets divers, des sujets qui sont divisés en trois grosses catégories:

- Antiquités, tombes et cadavres vagabonds 
- Impostures, mystères et faux prophètes 
- Crimes, trahisons et monstres sanglants 

Tous concernent des périodes et des cultures très différentes. Certains sujets abordés sont classiques dans ce genre de livre, d'autres moins. Des exemples? 

Néfertiti, le mausolée d'Hérode, le roi Arthur, Geronimo, Sindologie, le faux sacre de Clovis, Nostradamus, Louis XVII, Roswell, Agnès Sorel, l'affaire des poisons, Jack l'éventreur, les Romanov, l'incendie du Reichtag, Lady Di, etc,

Le ton utilisé est léger et sans prétention, c'est accessible à tous et vraiment agréable à lire. Les chapitres font au maximum deux ou trois pages, ce qui est très chouette car, comme je le disais, ça permet d'en lire un de temps en temps puis de le reposer et de passer à autre chose sans s'y perdre totalement. Typiquement le genre de livre que j'adore, on y apprend une tonne d'informations sans lourdeurs et sans se prendre la tête! Je suis sûre qu'il plaira aux amateurs d'Histoire.. et de mystères bien sûr!


Des bisous!

vendredi 18 juillet 2014

Créatures de l'ombre de Joseph Sheridan Le Fanu.

Salut les poussins,

Aujourd'hui:

Créatures de l'ombre de Joseph Sheridan Le Fanu.

Fantômes, hallucinations, perversions... six chefs-d'oeuvre de la littérature fantastique.
Je sais que je radote souvent à ce sujet mais bien des auteurs étrangers - anglais ou irlandais notamment - sont bien trop méconnus chez nous. Joseph Sheridan Le Fanu fait partie de ces oubliés, lui qui fut pourtant un auteur prolifique au talent incroyable qui a notamment inspiré le plus célèbre Bram Stoker pour son Dracula. Vous comprendrez donc facilement que j'ai été ravie de pouvoir recevoir ce recueil qui regroupe six oeuvres de Le Fanu, un roman et cinq nouvelles. Il faut que je vous avoue que je n'ai pas lu les quelques neuf cent pages que contient ce livre mais à peu près six cent seulement, c'est-à-dire l'Oncle Silas, La Chambre de l'auberge du Dragon Volant et Carmilla. Ne voulant pas faire une overdose j'ai préféré me contenter de ce qui me faisait le plus envie et de laisser le reste pour plus tard. Heureusement, ce que j'ai à en dire suffira largement à écrire cet article et peut-être à vous laisser tenter par cet irlandais à l'imagination fertile.

Commençons avec ce qui fut mon dernier coup de coeur en date, l'Oncle Silas. L'Oncle Silas nous conte l'histoire de Maud Ruthyn, une jeune héritière élevée seule par un père silencieux et mystérieux. A la mort de celui-ci, elle se retrouve sous la tutelle de son oncle Silas, un vieil homme mis au ban de la société il y a longtemps à cause d'une histoire de meurtre assez suspecte. Silas est pauvre, vit dans une énorme bâtisse proche de la ruine louée pour presque rien par son frère. Il a deux enfants, Dudley et Milly, deux ignorants vulgaires aux caractères totalement opposés qui seront, pour Maud, un cauchemar et un grand réconfort. L'un des exécuteurs testamentaires de Mr Ruthyn - le docteur Bryerly - ainsi que sa cousine - lady Knollys - seront assez effrayés par cette nouvelle vie qui s'offre à la jeune fille, craignant même pour sa vie..

Je n'en dirai pas plus car tout est plus savoureux quand on est surpris.. Sachez juste que la plupart du roman se situe en huit clos dans une vieille maison sombre, qu'il y a des serviteurs étranges et effrayants, une gouvernante qui fait froid dans le dos, des histoires de rencontres surprenantes dans des cimetières, un vieux meurtre non résolu et surtout.. L'oncle Silas qui, à lui seul, vaut le coup de se lancer dans ce récit incroyable.  J'ai tout aimé, du début jusqu'à la fin. Dès les premiers mots j'ai complètement été happée dans cette intrigue noire et presque glauque. Des évènements tous plus bizarres les uns que les autres se déroulent sous nos yeux, des indices sont jetés par-ci par-là sans qu'on en comprenne réellement le but ou la finalité. Puis, une fois arrivée au dénouement.. Je n'ai pas été surprise. Je ne me suis pas retrouvée sur les fesses, je n'ai pas été choquée, rien de tout cela car ce n'est pas là le but du roman et surtout pas sa grande force! Tout est dans l'histoire en elle-même, une histoire passionnante qui vous prend au ventre et ne vous lâche plus. J'étais tellement dedans que j'y pensais pendant la journée et que je n'avais qu'une envie: retourner retrouver cette délicieuse et naïve petite Maud, retrouver Pré de Bartram et y rester et ce malgré cette ambiance sordide à souhait. Tout est constamment tendu, on ne peut s'empêcher d'être sur les nerfs et de se méfier de tout le monde. Je ne dirais pas que ce roman est un roman gothique, c'est plutôt un thriller, un thriller au suspense énorme qui pousse à tourner les pages encore et encore, de plus en plus vite. On se met à chercher le moindre petit détail qui pourrait nous aider à apprendre la vérité et surtout.. on finit par retenir notre respiration car tant de suspense est intolérable.

Que dire de plus? Allez, je préfère vous parler des deux autres récits dont il est question aujourd'hui, je ferai le point plus loin sur l'écriture générale de Le Fanu.

Dans La Chambre de l'auberge du Dragon Volant, Richard Beckett - un jeune anglais en voyage à Paris peu après la défaite de Napoléon - fait la connaissance d'une jeune femme lors d'un accident sur une route au milieu de nulle part. Celle-ci semble être mariée avec l'homme qui l'accompagne, un vieux monsieur au comportement assez lunatique. Leurs chemins se recroisent sans cesse et plus les jours passent et plus il se meurt d'amour pour elle..

J'aimerais en dire plus, encore une fois, mais.. non. Je continuerais simplement à nouveau avec des ingrédients alléchants: un mari jaloux, un espion mystérieux, des disparitions inexpliquées.. Ca ne donne pas envie ça? Encore une histoire avec laquelle j'ai passé un excellent moment à suivre un pauvre personnage qui ne comprend absolument rien à ce qui se passe autour de lui. Il traîne toujours cette aura de mystères et d'évènements inexpliqués qu'on ne comprend absolument pas sur le moment, le tout dans une ambiance sombre, à un tel point qu'on finit par avoir peur de notre ombre.

Passons à la dernière nouvelle, Carmilla, la plus connue sans doute de Le Fanu, celle qui a inspiré Bram Stoker pour son grand Dracula. Comme vous pouvez donc vous en doutez, il est question de vampires..

Laura est une jeune femme élevée seule par son père dans un énorme château médiéval en Styrie. Après un accident bizarre dans leur propriété, ils accueillent chez eux Carmilla, une jeune noble qui refuse de dévoiler sa véritable identité. Celle-ci a des habitudes et une attitude étrange, surtout envers Laura qu'elle inonde d'un amour malsain et étouffant. Aux alentours du château, les morts inexpliquées de plusieurs villageoises commence à effrayer la population. Laura, elle, se sent de plus en plus faible. De plus, ses sentiments à propos de Carmilla sont très contradictoires: elle aime sa présence et sa gentillesse et parfois.. elle la déteste. Mais qui est vraiment Carmilla?

Pendant mon adolescence, lors d'une sombre période où j'étais fan de vampires, j'ai lu Carmilla.. et je l'avais déjà apprécié. La redécouvrir sous un oeil plus adulte m'a permis de ne l'aimer que d'avantage. Cette nouvelle-ci pourrait rendre le lecteur nerveux car lui, au contraire de Laura, devine très rapidement qui est cette étrange créature et ce qu'elle fait ou prévoit de faire. J'ai eu mille fois envie de secouer notre héroïne bien trop naïve et trop gentille. Carmilla est un personnage qu'on déteste dès le début par son apparente perfection qui sonne faux et ensuite, on ne peut qu'être saoulé par son amour saphique débordant dont on comprend facilement la vraie nature. Leur relation est pleine d'une sensualité trouble et de rapprochements équivoques mais également de fureur et de colère, souvent refoulées et cachées ce qui ne rend l'atmosphère que plus lourde et macabre. Carmilla est, en bref, un petit chef d'oeuvre de la littérature fantastique qu'il faut vraiment lire si on est un minimum curieux.

Et maintenant parlons un peu de Joseph Sheridan Le Fanu ou plutôt de son écriture. Après six cent pages, je dois dire que je suis complètement sous le charme. Malgré une grande précision dans les descriptions - détail indispensable pour immerger le lecteur dans ces endroits effrayants - je n'ai pas trouvé le récit lourd un seul instant. J'ai trouvé que, malgré ses phrases à rallonge, tout est d'une fluidité assez étonnante. Ca se lit vite, ça se lit bien et c'est juste.. Parfait. Le Fanu a véritable un don pour manier les mots de manière à les rendre poétiques sans en faire trop. Il arrive, en quelques lignes, à vous mettre dans un état de stress intense ou à vous donner des frissons devant un personnage au comportement équivoque. C'est là un talent que j'apprécie et que je ne peux qu'admirer.

Et je n'ai qu'un seul conseil: plongez-vous aussi dans ses oeuvres, vraiment! Je sais que c'est un genre qui peut faire peur, on a souvent l'impression qu'on va se retrouver avec un pavé qui semble ne jamais vouloir finir mais parfois on a de bonnes surprises.. Et je pense que Le Fanu pourrait en être une pour bien d'autres lecteurs que moi.

Merci aux Editions Omnibus,

Des bisous!