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mercredi 30 avril 2014

Là où la lumière se pose de Véronique Biefnot.

Salut les poussins,

Aujourd'hui:

Là où la lumière se pose de Véronique Biefnot.

Naëlle est parvenue, grâce à l’amour de son compagnon, à surmonter les traumatismes d’une enfance volée. Désormais, elle éprouve le besoin viscéral de renouer avec sa sœur dont elle a été séparée à l’âge de huit ans. Son enquête la mène jusqu’à une étrange communauté des Ardennes, où les deux femmes seront brutalement rattrapées par les démons du passé. Naëlle parviendra-t-elle jamais à démêler les nœuds de leur tragique histoire et à conjurer le sort??

Reine du thriller amoureux, Véronique Biefnot manie la peur comme une caresse. Plongée cauchemardesque dans les arcanes d’une secte, Là où la lumière se pose est un suspense incandescent sur fond de sinistre fait divers.
Dire que Naëlle, a eu une enfance atroce est un euphémisme. Née d'un inceste entre sa mère et son grand-père, elle a passé les premières années de sa vie enfermée dans une cave avec sa mère et sa sœur. Au début, Naëlle était appelé Nathanaël. Suite à son entrée dans le monde réel, les médecins ont découvert son hermaphrodisme et décidé de lui faciliter les choses en l'opérant pour qu'il devienne une femme à part entière.

Grâce à Simon - son amoureux - à un voyage initiatique et à un long travail sur elle-même, Naëlle est parvenue à avancer. Elle s'habitue tout doucement à l'idée d'avoir sa propre famille, Simon ayant déjà un fils. Malheureusement, elle ne peut complètement se projeter dans le futur sans finir de clôturer son passé. Est-ce vraiment nécessaire ou cela ne fera-t-il que la mettre davantage en danger?

Ce roman est le troisième et dernier roman d'une saga qui suit Naëlle du début de sa tragique histoire jusqu'à son dénouement final. Il n'est pas nécessaire d'avoir lu les deux premiers pour lire celui-ci.. même si j'avoue que c'est sans doute ce qui m'a empêché d'accrocher plus que ça à l'intrigue générale. En fait, même si tout est constamment rappelé et super bien expliqué, je suis quand même un peu tombée dedans comme un cheveux dans la soupe et vu l'énormité de l'intrigue générale.. c'était difficile de prendre ça en cours de route.

Pourtant, c'est un roman qui se lit très facilement, constitué de chapitres très court et d'une légèreté sans faille malgré les évènements qu'on nous décrit. J'ai apprécié ce rythme soutenu, cette absence de temps morts. J'ai eu un peu plus de mal avec le fait que chaque chapitre concerne un personnage différent et que tout soit raconté à la troisième personne. C'est très personnel mais j'ai du mal à m'impliquer totalement dans une intrigue avec cette narration, j'ai toujours l'impression de survoler et de voir ça de très loin.

Mais le plus gros problème est que j'ai trouvé ça juste trop.. gros. Autant j'apprécie le style, autant j'ai trouvé que ça allait trop loin pour être crédible. Il est question de voyages spirituels, de secte, d'hermaphrodisme, d'inceste, de chamanisme.. Un pêle-mêle de sujets qui, collés tous ensemble, m'ont paru exagéré.. Mais c'est une opinion purement personnelle et encore une fois, je suis presque sûre que cela aurait été plus facile si j'avais eu l'occasion de suivre le parcours entier du personnage principal, de m'attacher à elle, de la découvrir du début jusqu'à la fin. Tout aurait semblé plus normal et les informations ne me seraient pas tombées dessus comme ça en un chapitre.

Un petit manque de feeling malheureusement, j'ai néanmoins beaucoup apprécié la douceur de l'écriture de l'auteure ainsi que les routes parcourues dans notre jolie Belgique. Le deux premiers tomes sont parus aux Editions Livre de poche pour ceux qui ont envie de découvrir cette histoire atypique.

Merci aux Editions Héloïse d'Ormesson,

Des bisous!

mardi 8 avril 2014

La fille de Debussy de Damien Luce

´Salut les poussins,

Aujourd'hui:

La fille de Debussy de Damien Luce.

Printemps 1918, Claude-Emma Debussy, affectueusement appelée Chouchou, a douze ans. Elle entreprend de restituer son quotidien dans un journal intime, posant un regard drôle et tendre, parfois critique, sur le monde et la mort, à une époque marquée par la guerre. Au fil des pages, on la voit grandir, passant de l'innocence de l’enfance aux préoccupations de l’adolescence. Elle raconte, avec une poésie empreinte de candeur, la fin de la Première Guerre, son idylle avec Marius, ses escapades nocturnes et son amitié avec la jeune Gabrielle. Le piano surtout, sa manière à elle de faire son deuil en déchiffrant les partitions de son père (disparu cette année-là), loin des gammes qu’on lui impose. Badine, malicieuse et rêveuse, elle nous entraine ainsi dans l’univers romantique d’une jeune fille du début du XXe siècle pas tout à fait comme les autres. On connaît la fille de Debussy à travers les merveilleux morceaux qu’elle a inspirés à son père. Damien Luce imagine ici le journal qu’elle aurait tenu sa dernière année, avant qu’elle ne soit emportée par la diphtérie. Malgré les circonstances tragiques, il nous livre des pages pleines d’allégresse. Comme dans la musique de Debussy, la mélancolie se transmue en pure joie.
Ce livre, c'est l'histoire de Chouchou, une jeune fille de douze ans. Pas n'importe quelle jeune fille, attention. Chouchou est la fille de Claude Debussy. A travers son journal, nous apprenons à la connaître intimement à partir de la mort de son père. Un an à peu près, un an où celle-ci va devoir apprendre à vivre sans lui. Pour lui rendre hommage, pour le faire démourir et le garder un peu plus près d'elle, elle entreprend d'étudier un de ses morceaux par semaine. C'est une souffrance douce et étouffante, une absence impossible à combler. A travers elle c'est le compositeur qu'on entrevoit, ses influences, ses souvenirs. Chouchou est son reflet, sa mélancolie et sa tristesse constante.

Mais c'est aussi une jeune fille comme les autres. Une jeune fille qui rêve d'ailleurs, qui rêve d'amour, de voyages.. d'avenir.


Ce roman est un véritable poème. Chaque phrase sonne juste, chaque phrase sonne.. beau. C'est un texte doux et mélancolique, la ballade d'un au revoir.

Tout commence avec la mort de Debussy, ce père au caractère étrange qui aura une telle influence sur Chouchou. C'est la perte d'un repère et d'une présence indispensable. On la sent presque anesthésiée, perdue, ne sachant comment trop réagir à ce tragique évènement. Sa mère s'éloigne, devenant presque une étrangère. Sa demi-soeur Dolly n'est qu'une demi-soeur, incapable de comprendre ce qu'elle peut ressentir. Elle croise de temps en temps un artiste qui, le temps d'un instant, la fera penser à autre chose. Lui rappellera les doux moments du passé.

Et il y a Marius, son ami particulier. Celui qui la fait voyager à travers ses lettres, celui grâce à qui elle rêve d'un amer lointain. C'est un amour enfantin et d'autant plus touchant, tellement naïf et tellement plein d'espoir. Elle a besoin d'ailleurs, besoin de s'imaginer partir loin et d'être heureuse, tout simplement.

Le voilier de Marius sillonne tous mes rêves. Un jour, nous mettrons le cap vers cet horizon qui n'existe pas. Nous naviguerons sur la Mer de papa. Nous ferons le point sur un amer lointain, et sur nous-même. Et la vie sera tout entière sous le signe de l'eau et de l'air. Nous renoncerons une fois pour toutes aux deux autres éléments. La terre et le feu n'ont rien donné de bon aux hommes. La terre, c'est l'élément des tranchées, des cimetières. Il n'y a que l'arbre qui ait su en tirer quelque chose. Le feu, c'est l'élément des canons et de la poudre. Il faut être un soleil pour apprivoiser le feu. Marius et moi, nous apprivoiserons les risées et seront les bergers des moutons qui courent dans les grands prés maritimes.

Et plus on avance et plus on est touché par Chouchou. Par son caractère si particulier, qui la fait passer d'une euphorie entraînante à un état dépressif, on ne peut que s'attacher à ces fêlures, à ses blessures.

Je ressemble à papa. Je me demandais toujours à quoi il pouvait bien penser, quand il restait des heures assis sur le canapé, les yeux dans rien. Maintenant je sais: il ne pensait pas d'un fil, il faisait la planche sur sa tristesse, pour ne pas couler.

Mais au final, je pense que ce que je retiendrai surtout - et ce malgré mon plaisir à faire sa connaissance - c'est bien l'écriture de Damien Luce. Une écriture magnifique qui m'a poussée à noter des extraits, encore et encore, époustouflée par des phrases douces et aériennes, comme une note de musique. Ca vous touche au coeur et ça vous émerveille les yeux. J'ai été emportée et je me suis laissée bercée par des mots qui m'ont parlé, à moi qui ait pourtant perdu mon père au même âge que Chouchou. Ce qui me fait d'autant plus admirer la justesse avec laquelle l'auteur décrit les sentiments de cette petite fille.

Les Ballades de Chopin sont trop belles pour que j'y mette les doigts. La musique de Claude Debussy est sûrement aussi belle, mais puisque j'avais le droit de caresser sa barbe, je peux bien caresser sa musique. 

Peut-on faire démourir quelqu'un? J'aime à penser que c'est ce qui se passe avec ce genre de roman. Chouchou a repris vie pour moi, pendant quelques instants.

On est délicieusement seul dans la cohue d'une ville. La vraie solitude ne se trouve pas dans le désert, où la moindre rencontre et une foule. Même un serpent, même un puits, est une compagnie. À la ville, on marche dans la multitude et l'on ne rencontre jamais personne.


En sortant de cette lecture, j'avais des questions, beaucoup de questions. Des questions auxquelles l'auteur de ce joli roman a gentiment accepté de répondre et que j'ai voulu partager avec vous.
- Vous avez écrit un spectacle sur Claude Debussy et un roman sur sa fille, Chouchou. Quel est votre lien avec les Debussy? Pourquoi eux? Que représentent-ils pour vous?
À vrai dire, la question ne s'est pas posée de cette manière... L'écriture de La Fille de Debussy et la création du spectacle Monsieur Debussy n'émanent pas d'une réflexion, ni d'un projet cohérent pensé en amont. C'est avant tout le fruit du hasard. Alors que je flânais entre les rayons d'une librairie, je suis tombé sur le pavé de la correspondance de Claude Debussy (publiée chez Gallimard il y a quelques années), un pavé qui doit bien peser une dizaine de livres... Cet ouvrage a orné mon chevet pendant plusieurs mois. J'y découvrais les pensées intimes de Claude Debussy : toutes les biographies du monde ne valent pas une lettre, dans laquelle un être se confie, pensant n'être lu que par son destinataire. C'est ainsi que j'ai eu l'idée d'un spectacle, dont le texte serait entièrement puisé dans l'encre de ces lettres, et qui permettrait aux spectateurs de rencontrer Debussy. (Debussy "par lui-même", en quelque sorte.) Monsieur Debussy était né. Mais voilà : je n'étais pas seul à battre ce pavé... Ça et là, j'y croisais Chouchou, à travers des lettres que son père lui écrivait, ou des lettres dans lesquelles Debussy évoquait sa fille. J'y découvrais une petite fille joyeuse et exubérante, encline aux taquineries, un peu délurée, et dont les chansons et les jeux rythmaient le quotidien de son compositeur de père. Certaines phrases, aussi, résonnaient étrangement en moi : "Si je n'avais pas ma petite Chouchou, je me ferais sauter le cervelle." Chouchou semblait être la raison de vivre de son père, et sa mort quelques mois après lui prenait tout à coup un sens nouveau. J'en ai été touché, et j'ai souhaité faire revivre cette petite fille, en imaginant son journal intime entre la mort de son père et la sienne.
Certes, je suis sensible à la musique de Debussy (je l'ai beaucoup jouée au piano), mais Chouchou aurait aussi bien pu être la fille de Ravel ou de Mozart. Le mot important du titre n'est pas "Debussy", mais "fille"... Le fait que Chouchou soit la fille de Debussy est circonstanciel.

- Comment se met-on dans la peau d'une jeune fille et comment décrit-on aussi bien ses sentiments?
C'était ma plus grande peur, celle d'entendre mes lectrices me dire : "Vous n'avez rien compris aux petites filles!" Mon travail a d'abord consisté à cerner tout ce qu'il y avait de commun entre une petite fille et un petit garçon (en l'occurrence, le petit garçon que j'étais). Il ne s'agit pas de se mettre dans la peau d'un personnage, mais de trouver en soi ce qui ressemble à ce personnage, et de révéler nos substances communes (c'est d'ailleurs également ma vision du travail de comédien). C'est ainsi que j'ai prêté à Chouchou ma passion enfantine pour l'astronomie, une certaine tristesse qui était la mienne... Je lui ai "infligé" ce que j'ai vécu : "respirer" un être, allumer une bougie la nuit en quête d'un "signe", crier devant un chien mort en espérant le réveiller (pour moi c'était un chat.) Je pense qu'au bout du compte, une petite fille ressemble beaucoup à un petit garçon. Je parle de ce qui les définit au plus profond, et qui se soucie peu de nos chromosomes. Ce que j'essaie de dépeindre, c'est ce que j'appelle "l'esprit d'enfance". L'esprit d'enfance, à mon sens, n'a pas de sexe. Il souffle dans les voiles de chacun. Qu'importe la forme de la voile? C'est une sorte d'idéalisme, de ferveur, un mélange de fantaisie et de gravité inhérent à tout être humain, et qu'il faut entretenir. Je me suis contenté d'insuffler mon esprit d'enfance à Chouchou, et d'en gonfler ses voiles. 

- Quelles ont été vos sources à propos d'un personnage si peu connu et au "pouvoir" pourtant si grand? 
Comme indiqué plus haut, tout ce qui concerne Chouchou a été extirpé de la correspondance de Debussy. Mon imagination a comblé les interstice.

- Avez-vous d'autres projets d'écriture? 
Je viens de terminer deux courtes pièces de théâtre, qui seront créées par les élèves de mes ateliers : Le Marchand de sable et Le Crime du professeur Fraccillion. J'ai également un projet de roman, mais chut...

- Et enfin.. Quel est votre œuvre préférée de Debussy? :-)
Cloche à travers les feuilles (Images, 2ème livre).

Comme vous avez pu le comprendre dans ces fameuses questions, Damien Luce présente assez régulièrement un spectacle appelé Monsieur Debussy dont vous pouvez voir le teaser plus bas. Un spectacle présenté au Théatre des Variétés à Paris et que j'espère pouvoir voir un jour. (Par ici si vous voulez les infos, toussa toussa.)


Merci à Damien Luce pour cette jolie découverte que je vous conseille de tout coeur,

Des bisous!

dimanche 20 octobre 2013

Nouvelles d'ados pour le prix Clara 2013.

Salut les poussins,

Aujourd'hui, un chouette recueil de nouvelles pour une bonne cause:

Nouvelles d'ados pour le prix Clara 2013.


Ce prix a été crée en mémoire de Clara, une jeune fille morte des suites d'une malformation cardiaque. Ce livre regroupe les nouvelles des lauréats, six nouvelles pleines de jeunesse mais surtout d'émotions.

Je ne suis pas une grande fan de ce genre et j'ai apprécié le redécouvrir avec des petites nouvelles légères. Certaines m'ont plue, d'autres m'ont beaucoup touchée dont la nouvelle d'Annabelle Moulin, Vim Corpus Tulit. En voici un petit extrait:

- As-tu déjà aimé une présence, un silence? Une empreinte de corps dans un lit défait? Mais aimer, aimer vraiment! Aimer comme moi j'aime! Aimer d'amour, quand un seul sourire suffit à remplir toute une journée! C'est trouver un monde au creux d'une étreinte, boire ses larmes comme un élixir, lire dans les lignes de sa main un avenir où j'existe; c'est savoir que je ne serai jamais seule car j'aurai toujours cet oiseau dans mon ventre, ce chaos dans ma vie, ces imprévus, ces rituels; c'est respirer l'air de ses poumons, habiter dans ses chemises, m'enfouir au creux de son cou là où c'est tout doux tout chaud et où ça sent bon; ce sont ces rares instants de faiblesse comme des fragments de vérité où il laisse son chagrin éclater et ses sanglots dans ma poitrine, quand les autres n'existent plus parce qu'ils ne sont pas lui et moi; aimer ses espoirs et ses doutes; aimer enfin qu'il soit vulnérable comme tous les hommes. 

J'ai trouvé ce moment intense, bourré d'émotion bruts. On y ressent la jeunesse et en même temps une maturité certaine, j'ai trouvé ça.. Juste beau. D'autres sont un peu plus pompeuses, plus classiques. On ressent une volonté de trop bien vouloir faire et ça en perd de la spontanéité. Malgré cela, j'ai été surprise plus d'une fois, notamment grâce à une ou deux fins bien surprenantes et légèrement loufoques. On sent du talent, de l'envie, et rien que ça c'est admirable.

Ce livre est un tremplin pour des apprentis-écrivains mais aussi un beau geste puisque tous les bénéfices des ventes sont reversés à l'Association pour la recherche en cardiologie du fœtus à l'adulte de l'Hôpital Necker-Enfants malades. Je ne peux donc que vous conseiller de vous le procurer!

Merci aux Éditions Héloïse d'Ormesson de m'avoir donné l'occasion de le découvrir et de partager,

Des bisous!