lundi 4 avril 2016

L'arbre et le fruit de Jean-François Chabas.

Salut les lapins,

Aujourd'hui:

L'arbre et le fruit de Jean-François Chabas.

 1980, Portland, Oregon.
Jewel ne comprend pas. Où est passée Maman?
Devra-t-elle rester avec Papa, maintenant?
Cette perspective lui fait peur. Mais il ne faut pas qu'Esther le sente. C'est sa petite soeur, elle doit la protéger. En fait, Maman est à l'hôpital psychiatrique. Parce que Papa lui fait du mal. Parce que Papa les terrorise.
En grandissant, Jewel comprend peu à peu qui si son père est malfaisant, d'autres personnes sur la terre méritent qu'on les aime et qu'on se batte.
Jewel n'a que cinq ans quand son père la frappe pour la première fois. Sa mère, elle, subit les coups et les insultes depuis de longues années déjà. Esther, la petite dernière, est heureusement épargnée. 

Deux ans plus tard, sa mère craque. Une crise de trop et c'est la fin: petit aller-retour en hôpital psychiatrique afin de calmer tout ça, en vain. Pendant des années, Grace va s'enfoncer petit à petit dans sa détresse, vivant constamment dans une brume médicamenteuse qui l'abrutit complètement. Jewel va devoir être forte pour sa petite sœur et pour elle-même puisque sa mère n'est plus réellement là..


En refermant ce roman, j'ai soufflé un bon coup. La violence conjugale est un sujet qui me tient à cœur et vu la manière dont le sujet est abordé ici.. c'était dur. C'est écrit de manière forte, de manière percutante et pourtant tellement simplissime! Les mots sont clairs, les phrases très courtes, ça se lit très rapidement et pourtant ça suffit à faire passer un flot d'émotions qui vous prend à la gorge dès les premières lignes.

On passe d'un point de vue à l'autre, celui de Grace - la mère - et celui de Jewel - la fille. Au début, on sent encore de la force chez Grace, une force qui disparaît petit à petit, on la voit s'enfoncer dans la dépression et dans un abattement complet, elle lâche prise et ce même en voyant ses filles souffrir d'une situation pareille. Jewel n'est qu'une enfant au début, une enfant très mature qui tente tant bien que mal de rester transparente devant ce père qui la méprise. Ses extraits - qui sortent de son journal intime - sont réellement les mots d'une enfant, les mots d'une enfant qui ne comprend pas totalement la violence de son père ni même ce qu'il veut réellement dire la plupart du temps. Elle aimerait se raccrocher à cette mère qui est censé la protéger et au début on y croit, on essaye de croire en Grace mais très vite on se rend compte qu'elle lâche prise et ce de plus en plus. Je serais incapable de dire si j'ai ressenti de la colère envers elle, plutôt de la pitié et surtout une grande admiration pour Jewel qui est sans conteste le personnage fort de ce roman.

Même si ce roman est un court roman jeunesse je ne peux que saluer la manière dont l'auteur réussit à faire passer autant d'émotions en si peu de temps. C'est court, c'est incroyablement facile à lire.. et c'est surtout incroyablement bouleversant. Un livre choc, nécessaire pour faire parler de cette cause importante.

Merci aux Editions Gallimard Jeunesse,

Des bisous!




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